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Le cadre thérapeutique, où comment bien choisir son « psy » !

Décider d’« aller voir quelqu’un » est un acte fondateur et courageux, mais immédiatement suivi d’une interrogation non moins cruciale : comment choisir mon thérapeute ? Le feeling ? Oui, mais pas que.

Fonder son opinion uniquement sur vos impressions comporte une part d’aléatoire.

Le cadre thérapeutique peut s’avérer précieux au moment de prendre votre décision, en vous apportant des critères objectifs quant à la perception de la qualité et du professionnalisme du thérapeute.

Encore faut il savoir ce qu’est le cadre et que votre interlocuteur vous en parle lors de la 1ère séance. Cette dernière condition étant maintenant levée (puisque vous savez !), le cadre thérapeutique reste en lui même sans doute encore bien mystérieux à vos yeux, faute peut être, à un manque de pédagogie de notre part. Mea Culpa et corrigeons cela !

Passons en revue ces différentes composantes et voyons comment il pose les bases d’une relation thérapeutique réussie.

Tout d’abord, c’est le secret professionnel auquel nous sommes soumis. Cela passe par le respect de l’anonymat, mais aussi par la sécurisation des notes que nous prenons. Elles ne doivent pas contenir d’indications sur l’identité et les coordonnées du patient. Leur stockage doit aussi faire l’objet d’une attention particulière.

C’est ensuite la neutralité du thérapeute et la bienveillance qu’il apporte à cette parole que vous lui confiez. L’absence de jugement de votre « psy » est un marqueur essentiel de sa qualité à ne créer aucune influence sur vos choix ni à orienter la séance vers des lieux qui lui sont connus ou confortables. Notre matériel, celui que vous nous offrez pour vous aider à aller mieux, c’est votre réalité, interne, le regard que vous portez sur vous et le monde.

Ne peut il pas vous donner de conseils ? Aussi contradictoire que cela puisse paraitre avec ce que nous venons de voir, le thérapeute peut le faire dans le cadre précis d’une thérapie de soutien : il adopte une posture d’enveloppement, il rassure et réinstalle le patient dans la confiance et son estime de soi. A l’inverse, une thérapie psychanalytique exige la neutralité du thérapeute pour que les liens que vous faites entre vos émotions, vos comportements et certains moments de votre vie, n’appartiennent qu’à vous.

L’absence de passage à l’acte est aussi un point important. Attention : nous ne parlons pas ici de frapper ni de tuer votre thérapeute ! Ni d’envisager un autre type de passage à l’acte, tel que la fantasmagorie collective l’imagine dès que l’on parle de divan et de la relation intime avec son « psy » ! Il s’agit de mettre ici l’action, au sens premier du terme, hors du temps thérapeutique, qui est un moment de verbalisation, différent d’un moment d’action donc : le toucher, le contact physique en dehors de la poignée de main en début et fin de séance (et encore !) sont proscrits, tout comme le passage d’une relation thérapeutique vers une relation amicale. Celle ci impliquerait une certaine forme d’intimité du « psy », qui partagerait ainsi ses goûts, ses avis avec vous au point de vous faire dire : qu’est ce qu’il sympa, mon psy ! La relation thérapeutique est artificielle, elle ne s’installe pas naturellement comme les relations sociales ou amicales. Il n’en existe nulle autre pareil, et elle est voulue comme cela. Si votre « psy » vous parait sympa, c’est que nous sommes déjà hors cadre ! Il faut reconnaitre que la limite est parfois ténue lors d’une thérapie de soutien, qui nécessite un aménagement du cadre vers plus de relationnel et de chaleur humaine.

La durée et la fréquence sont des éléments qui inscrivent le cadre dans une temporalité qui comporte à la fois des minima requis, mais aussi une part adaptative .

Fonction de la pratique des thérapeutes et de l’enseignement des écoles qui les ont formés, la durée oscille généralement entre 45 et 50mn. Mais là encore, cela dépend du patient, pour qui cela peut sembler long, ou à l’inverse, un peu juste, si la mise en route nécessite quelques minutes en début de séance. Dans ce cas, allonger la durée peut être envisagé mais dans des proportions raisonnables (55-60 mn). La séance peut aussi s’arrêter si elle ne « produit » plus rien au bénéfice du patient et de son « psy ».

Quant à la fréquence des séances, on observe des différences d’une fédération à une autre. En tout état de cause, il n’y pas de données scientifiques pour définir la fréquence optimale : une fois par semaine ou deux fois par semaine. Trop éloignées les unes des autres, les séances favorisent la réorganisation des défenses psychiques et retardent les bienfaits de la thérapie. Dans le même temps, la programmation d’une séance hebdomadaire peut être perçue comme trop dense : certains patients ont besoin de temps, pour faire vivre la thérapie en dehors du cabinet, en prolonger ses effets ou simplement « récolter »ce matériel de vie nécessaire à alimenter la séance, à l’image des rêves pour quelqu’un qui rêve peu ou pour qui l’accès à l’imaginaire est difficile.

Tout dépend ainsi des différences au niveau des rythmes biologiques, mais aussi des principes de réalité propres à chacun, tels que le budget, la planification ou encore l’énergie absorbée par une telle démarche.

Enfin, le paiement varie en fonction de la pratique des uns et des autres : en liquide ou pas, en début de séance ou pas, tarif fixe ou pas.

Le paiement en début de séance, en liquide et posé à la vue du patient permettrait d’établir une équivalence perçue, entre le gain psychique et le coût que représente ce gain : cela éviterait de basculer vers une discussion polie mais peu profonde. Il s’agirait ici de « booster » la séance, en rappelant que ce temps thérapeutique vous appartient, qu’il est important et que des gains sont attendus.

Le paiement est un élément qui peut aussi s’adapter au budget du patient, un compromis à trouver avec la valeur estimée du thérapeute quant à son implication personnelle dans la prise en charge.

Présenté, discuté et validé lors de la 1ère séance, ces quatre piliers forment le périmètre du cadre thérapeutique, en fixant le champ du possible mais aussi les limites pour chacun des protagonistes. Le cadre sécurise le thérapeute dans l’exercice de son empathie et sa bienveillance, mais aussi dans sa fonction de « page blanche », sur laquelle vous écrivez, projetez, rejouez ce que vous voulez, consciemment et surtout inconsciemment.

De son côté, le patient peut se sentir libre de tout dire sans y être contraint. Le cadre lui assure un temps et un espace sécurisés, qui sont entièrement dédiés à son écoute et à la recherche de son mieux être. Bien sûr, il y a l’aspect subjectif et « intuitu personae » de la relation thérapeutique qui nous font dire qu’un « psy » peut vous convenir et ne pas convenir à une autre personne. Mais comment se fier à son ressenti, surtout à un moment de doute, d’anxiété ou de tumulte émotionnel ? C’est ici tout l’intérêt du cadre thérapeutique : celui d’être une formidable grille d’évaluation objective qui permet au patient d’établir facilement un 1er choix, celui d’un thérapeuthe sérieux et soucieux du travail à accomplir et des moyens à mettre en place pour y parvenir.

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